Table (nom féminin, subst. féminin)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

< width=100%>Nom féminin 
Surface plane de bois, de pierre, de marbre, etc., posée sur un ou plusieurs pieds et qui sert à divers usages. "Table de chêne, de noyer, d'acajou. Table de marqueterie. Table à un pied, à trois, à quatre pieds. Table ronde, carrée, ovale. Table pliante. Table à coulisses, à rallonges, à tirettes. Table à tiroirs. Tréteaux de . Les pieds d'une . Table de cuisine. Table à manger. Table à écrire. Table à ouvrage. Table à jeu. Table d'opération."
"Table de nuit," Petite d'une forme particulière, qui se place à côté du lit.
Fig. et fam., "Jouer cartes sur ," Agir franchement, ouvertement dans une affaire.
Fig., "Table de marbre," Nom qu'on donnait autrefois à Certaines juridictions de première instance, qui connaissaient des affaires de la connétablie, de l'amirauté et des eaux et forêts. "Le grand Corneille était, dans sa jeunesse, avocat du roi à la Table de marbre de Rouen. Les chevaliers de la Table ronde," Les douze chevaliers que les romans du cycle breton, dits "Romans de la Table ronde," donnent comme compagnons au roi Artur et qu'on appelait ainsi parce qu'ils s'asseyaient, disait-on, autour d'une ronde pour éviter toute préséance.
TABLE se dit particulièrement et absolument d'une Table à manger, et surtout d'une Table servie, couverte de mets. "Table de douze couverts. Dresser, mettre la . Servir à . Faire les honneurs d'une . Il reste deux heures à . Le dos au feu et le ventre à . Il ne sait pas se tenir à ."
"Propos de ," Propos variés et enjoués que l'on tient ordinairement en mangeant.
"Service de ." Voyez SERVICE.
!" se dit familièrement pour inviter à se mettre à .
"Se mettre à ," S'asseoir à une pour manger. "Être à ," Être en train de manger. "Quitter la ," Interrompre son repas. "Se lever de , sortir de ," Avoir fini de manger.
Fig. et fam., "Être, tomber sous la ," Succomber à l'ivresse.
"Table d'honneur," Celle où l'on place, dans un banquet, ceux des convives que l'on veut particulièrement honorer.
"Le haut bout de la ," La partie de la où sont les places d'honneur.
"La grande ," La des grandes personnes; par opposition à "La petite ," La des enfants.
"Déjeuner, dîner, souper par petites s" se dit d'un Déjeuner, d'un dîner, d'un souper où les convives étant nombreux on les sert par s séparées.
"Tenir ouverte," Recevoir à sa beaucoup de personnes, même celles qui n'ont pas été invitées.
"Admettre quelqu'un à sa ," Inviter à dîner quelqu'un d'inférieur à soi par la naissance ou par le rang. "Le roi l'admit à sa ."
"Avoir la et le logement chez quelqu'un," Y être nourri et logé. "On lui donne tant d'appointements, la et le logement." On dit aussi "Le vivre et le couvert."
"Vivre à la même ," Manger habituellement ensemble.
"Table d'hôte," Repas à prix fixe, servi à heure fixe dans un hôtel ou un restaurant, et pris en commun. "Manger à d'hôte."
En termes religieux, "La sainte ," Balustrade placée devant l'autel pour la communion des fidèles; et figurément la Communion. "S'approcher de la sainte . Se présenter à la sainte ."
TABLE se dit, par extension, des Repas qu'on prend à , relativement à la dépense qu'ils occasionnent, ou au nombre et à la délicatesse des mets. "Il a tant, il dépense tant pour sa . Sa lui coûte beaucoup. Il a retranché, réformé, diminué sa . Il a augmenté sa . Il a une bonne . Cela se sert aux meilleures s, sur les meilleures s. Table délicate, frugale."
"Aimer la ," Aimer la bonne chère. On dit dans le même sens : "Les plaisirs de la . Des excès de ."
TABLE se dit encore de la Surface plane de certains objets. "La de l'autel. La d'une enclume."
"Table de billard," Châssis de madriers bien joints sur lesquels on applique le tapis.
En termes d'Anatomie, "Les s du crâne," Les deux lames osseuses qui revêtent les os du crâne.
En termes de Musique, il se dit de la Partie supérieure des instruments sur laquelle les cordes sont tendues. "Table de guitare, de piano." On dit aussi "Table d'harmonie."
En termes de Joaillerie, il se dit d'une Taille en surface plate. "Diamant en ."
TABLE se dit également des Plaques ou pièces de plomb dont on forme le revêtement d'une terrasse ou d'un réservoir. "Plomb en . Table de plomb."
Il se dit aussi d'une Lame ou plaque de cuivre, d'argent ou d'autre métal, de toute masse de pierre ou de marbre plate et unie, sur laquelle on peut écrire, graver, peindre, etc. "Les" "tables de la loi. Les lois, la loi des Douze Tables. Graver sur une d'airain, sur une de plomb. Une de rocher. Ces s de marbre sont destinées à recevoir des inscriptions."
"Table rase" ou "Table d'attente," Lame, pierre, planche sur laquelle il n'y a encore rien de gravé.
Fig., "Table rase" se dit en parlant d'un Enfant, d'une personne qui, n'ayant pas encore de notions sur les matières dont il s'agit de l'instruire, peut aisément recevoir les impressions, les idées qu'on voudra lui donner.
Fig., "Faire rase" se dit de Quelqu'un qui, regardant les opinions qu'il a comme incertaines, les rejette provisoirement jusqu'à un nouvel examen. Il se dit aussi, d'une manière plus générale, d'une Abolition totale de ce qui est pour permettre un complet renouvellement. "L'esprit révolutionnaire fait rase du passé."
TABLE signifie aussi Index permettant de trouver facilement les matières ou les mots qui sont dans un livre. "Il n'y a point de à ce livre. Cette est bien faite. Cette est incomplète, fautive. Table alphabétique. Table des matières. Table analytique. Table méthodique. Table des noms propres. Table des chapitres."
Il se dit encore d'un Tableau sur lequel des matières didactiques, historiques, etc., sont présentées méthodiquement et en raccourci, afin qu'on puisse les voir facilement et d'un coup d'oeil. "Table généalogique. Table chronologique."
"Tables météorologiques," Tables où l'on inscrit, jour par jour, les changements qui ont lieu dans l'atmosphère.
"Tables numériques," Tableaux de nombres correspondant à différentes questions relatives à l'arithmétique, à l'astronomie, à la physique, etc. On dit de même : "Tables astronomiques."
"Table de Pythagore," Table qui contient tous les produits de la multiplication des nombres simples, les uns par les autres, depuis un jusqu'à neuf. On la nomme plutôt aujourd'hui "Table de multiplication." On dit de même : "Tables de logarithmes. Tables des sinus."
"Table d'intérêts composés," Tableau indiquant les intérêts composés et les annuités.
"Table de réduction," Table indiquant le rapport que différents poids, différentes mesures, différentes monnaies, etc., ont les unes avec les autres. "Table de réduction des poids étrangers en poids de France."
"Tables de mortalité," Tableau de la moyenne des décès selon l'âge, ou dans des circonstances déterminées.
En termes militaires, "Table de tir," Série de aux donnant les indications nécessaires pour le tir d'un canon.
"Table isiaque." Voyez ISIAQUE.
"Table d'orientation," Table, le plus souvent de pierre, placée sur une attitude et indiquant par des flèches les diverses localités avec leur direction.



Dictionnaire d'Emile Littré

< width=100%>Subst. féminin 


 1   Planche, ais (sens propre qui n'est resté usité que dans quelques termes de métier).
    Terme de typographie. Planche qui porte le chevalet du tympan.
    Planche qui sert à l'imprimeur en taille douce.
    Table rase, planche sur laquelle il n'y a rien de peint, ainsi dite parce que les anciens peintres peignaient non sur une toile, mais sur une de bois.
    Table rase ou d'attente, lame, planche sur laquelle il n'y a encore rien de gravé.
    Fig. Esprit tout à fait neuf sur une matière, et susceptible de recevoir toute espèce d'impressions (voy. à l'étymologie).
VOLT.: « L'esprit d'un enfant est une rase, sur laquelle les préjugés n'ont encore rien imprimé »
BONNET: « Il faudrait pour cela être rase sur la question.... »
BAILLY: « Si les esprits étaient semblables à une rase, comme le demandait Locke »
    Fig. Faire rase, rejeter toutes les idées qu'on a acquises, et en adopter de nouvelles.
    Faire rase, signifie aussi abolir, proscrire les anciennes institutions.
C. DELAV.: « Qu'en s'unissant d'abord ils fassent rase ; Et, pour les accorder ensuite, on les écrase »
    Table de cire, tte enduite de cire sur laquelle on peut écrire quelque chose avec un poinçon.
DIDER.: « L'âme humaine est une de cire où la nature imprime son image »

 2   Particulièrement, planche ou réunion de planches portée sur un ou plusieurs pieds et qui sert à divers usages. Table ronde, carrée, ovale. Table à coulisses, à rallonges. Table à écrire. Table à manger.
LA FONT.: « La où l'on servit le champêtre repas Fut d'ais non façonnés à l'aide du compas »
SÉV.: « Nous sommes en l'air ; tous mes gens sont occupés à déménager : j'ai campé dans ma chambre ; je suis présentement dans celle de l'abbé, sans autre chose qu'une pour vous écrire »
SÉV.: « Il y a deux s de jeu dans ma chambre à l'heure que je vous parle »
BOILEAU: « On s'assied ; mais d'abord notre troupe serrée Tenait à peine autour d'une carrée »
    Table de piquet, de bouillotte, de brelan, etc. où l'on joue au piquet, à la bouillotte, au brelan, etc.
    Table à la Tronchin, se haussant et se baissant à l'aide d'un mécanisme et sur laquelle on peut écrire debout.
    Table à modèle, sur laquelle l'artiste place, dispose le modèle.
    Tables tournantes, frappantes et parlantes, genre de prestige qui fut fort à la mode en 1853 et 1854.
    Fig. et familièrement. Jouer cartes sur , ne pas prendre la peine de dissimuler.
    Fig. Mettre sur , sur la , exposer sans dissimulation.
RETZ: « Il [Mazarin] mit son coeur sur la , il m'assura qu'il me parlerait comme à son fils »
    Papiers ou papier sur , preuves en main.
PASC.: « Il faut voir cela en détail, il faut mettre papiers sur »
SAINT-SIMON: « Villars leur parla [au roi et à Mme de Maintenon] papier sur , par preuves et par faits qui ne se pouvaient contester »
VOLT.: « Pourquoi mettre Mme du Châtelet dans la nécessité douloureuse de montrer, papier sur , que vous vous démentez vous-même pour l'outrager ? »

 3   Table de nuit, inventée en 1717 (VOLT. Dict. phil. Table), meuble commode qu'on met auprès d'un lit, et sur lequel se placent plusieurs ustensiles pour l'usage de la nuit.
GENLIS: « Nos bonnes anciennes s de nuit, bien revêtues de marbre en dedans, ayant un rebord sur la , de manière à garantir de toute chute les choses qu'on met dessus, sont, dans ce genre, ce qu'il y a de mieux »

 4   Table de billard, châssis de madriers sur lequel on applique le tapis.

 5   Terme de trictrac. Chacune des quatre divisions du tablier, appelées aussi jans.
    Il se disait autrefois de ce qu'on nomme plus ordinairement aujourd'hui dames : jan de deux s, jan de six s.
    Toute-table, ou toutes-tables, voy. ce mot.
    Jeux de s, anciennement, tous les jeux où l'on emploie des dames et un échiquier ou un tablier.

 6   Table d'un instrument de musique, les parties larges d'avant et d'arrière qui supportent le chevalet et qui vibrent à l'unisson des cordes. Table de basse, de guitare, de luth.
SAVART: « Il ne serait pas impossible que les qualités supérieures de certains instruments de musique dépendissent de ce que le plan de leur d'harmonie se trouve incliné d'un certain nombre de degrés sur la direction des fibres »

 7   Absolument. Table à manger, et surtout servie couverte de mets. Dresser une . Table de dix couverts. Servir à .
CORN.: « Chez lui-même, à sa , au milieu d'un festin, D'un si parfait ami devenir l'assassin »
LA FONT.: « Jupin pour chaque état mit deux s au monde ; L'adroit, le vigilant et le fort sont assis à la première ; et les petits Mangent leur reste à la seconde »
MOL.: « À comptez-moi, si vous voulez, pour quatre »
MOL.: « Apprenez.... que c'est un coupe-gorge qu'une remplie de trop de viandes »
SÉV.: « Il y avait quarante dames à ; le souper fut magnifique ; le roi vint, et fort gravement regarda tout sans se mettre à »
BOILEAU: « Et qu'au retour tantôt un ample déjeuner Longtemps nous tienne à et s'unisse au dîner »
RAC.: « Permettez, avant tout, qu'Esther puisse à sa Recevoir aujourd'hui son souverain seigneur »
VOLT.: « La critique de Lamotte [reprochant à Racine de n'avoir pas fait venir Hippolyte et Thésée dans le temple où l'on n'osait jurer en vain] est de feu M. le marquis de Lassai ; il la fit à chez M. de la Faye, où j'étais avec feu M. de Lamotte, qui promit qu'il en ferait usage »
    Mettre la , disposer tout ce qu'il faut sur la : assiettes, couteaux, fourchettes, serviettes, etc.
BÉRANG.: « On met la au ministère ; Renommez-moi, je suis pressé »
    Mettre sur , servir le repas.
LA FONT.: « On met sur , et le doyen prend place »
DANCOURT: « Le filleul et le cousin de monsieur verseront à boire, et le maître clerc mettra sur »
    Cette locution n'est plus usitée, on dit servir : On a servi, le dîner est sur la .
    Se mettre à , s'asseoir auprès de la pour manger.
    Sortir de , quitter la , se lever de , interrompre ou finir le repas.
LA FONT.: « Il sort de , et la cohorte N'en perd pas un seul coup de dent »
    On dit dans un sens analogue : être hors de .
    Tenir , demeurer longtemps à .
LA FONT.: « Une nuit qu'ayant tenu Et bu force vin nouveau »
VOLT.: « Comme ils étaient Allemands, ils tinrent longtemps, en attendant le révérend père provincial »
    Tenir , donner habituellement à manger à ses amis invités ou non.
LA FONT.: « Vous vous croyez considérable ; Mais dites-moi, tenez-vous ? »
SÉV.: « On me mande que Coulanges est le favori du pape, et que M. de Chaulnes fait faire un carrosse d'audience, qu'il tient une , comme aux états : voilà un air d'établissement »
LA BRUY.: « Quelque bien instruit que vous soyez de la misère de leur condition [des pauvres], vous ne pensez pas à l'adoucir, vous ne le pouvez pas en effet, vous tenez , vous bâtissez »
LA BRUY.: « L'on dit d'un grand qui tient deux fois le jour, et qui passe sa vie à faire digestion, qu'il meurt de faim, pour exprimer qu'il n'est pas riche.... »
    Tenir une grande , une grosse , donner ordinairement de grands repas.
SÉV.: « Il est à Rennes tenant une grande , dont il se passerait fort bien ; car cette dépense ne mène à rien »
HAMILT.: « Perdant au jeu, et tenant une grosse Tenir ouverte, donner à manger à tous les visiteurs qui surviennent, même quand ils n'ont pas été priés. »
VOLT.: « Un régiment n'est point le prix des services ; c'est le prix de la somme que les parents d'un jeune homme ont déposée, pour qu'il aille, trois mois de l'année, tenir ouverte dans une ville de province »
VOLT.: « Le matin, sa bibliothèque était ouverte à tous les savants ; le soir, sa l'était à la bonne compagnie »
    Propos de , traits de gaieté et de familiarité qui échappent dans un repas.
    On dit dans un sens analogue : chanson de ; ronde de .
    Liberté de , liberté de la parole à , sans craindre l'espionnage, la dénonciation.
VOLT.: « Cette liberté de , regardée en France comme la plus précieuse liberté qu'on puisse goûter sur la terre »
    Tomber sous la , être ivre au point de glisser hors de sa chaise.
LEGRAND: « Nos ouvriers sont encore sous la ; je les ai bien grisés »
BÉRANG.: « Avant vous sous la Tombent deux, trois amis, Endormis »
    Mettre quelqu'un sous la , l'enivrer.
    Bénir la , faire en commun, avant le repas, la prière du bénédicité.
    Admettre quelqu'un à sa , inviter à dîner quelqu'un d'inférieur à soi par la naissance ou par le rang.
VOLT.: « Nous les admettons à nos s [les comédiens], et nous leur fermons nos cimetières »
    La grande , la des grandes personnes, par opposition à la petite , qui est la des enfants.
    Donner la à quelqu'un, le nourrir à sa .
    Avoir la et le logement chez quelqu'un, y être nourri et logé.
DIDER.: « Vous aviez la , le lit, l'habit, veste et culotte, les souliers et la pistole par mois »
    Vivre à la même , manger habituellement ensemble.
    Courir, piquer les s, aller en parasite manger souvent chez ceux qui tiennent .
    Il se tient mieux à qu'à cheval, il ne sait que goinfrer, il est inutile.
    Mettre couteaux sur , se préparer à faire bonne chère.
    Il dîne à la de son maître, se dit d'un homme faible qui se laisse maîtriser par sa femme.
    De la au lit, du lit à la , se dit d'une vie débauchée et fainéante.
    Avoir les pieds sous la , les coudes sur la , boire et se réjouir.
    Le dos au feu, le ventre à , se dit de quelqu'un qui est dans la meilleure position.
    À ! appel qu'on fait pour que les convives aillent se mettre à .
    Table de poupe, nom qu'on donnait dans les galères à la ou entretien de bouche du capitaine.

 8   Tables chez le souverain, se dit des s servies réglément où certains officiers ont droit de manger. Il y avait tant de s chez le roi : la du chambellan, la du maître d'hôtel, etc.
SÉV.: « Vous ne devez pas être honteuse de retrancher vos s, puisque le roi même, à l'exemple de son grand veneur [M. de la Rochefoucauld], a retranché celles de Marly ; il n'y a plus que celle des dames »
MAINTENON: « Marly est un séjour délicieux depuis l'établissement des s particulières »
DUCLOS: « La seconde Dauphine ayant le goût de la musique italienne, on fit venir à Versailles Cafarelli, à qui l'on entretint, pendant son séjour, un carrosse et une de six couverts »
    Dans les grandes maisons, la première , la des maîtres ; la seconde , celle des principaux domestiques ; la du commun, la des valets.
SÉV.: « Il faut quatre repas [à Chantilly, chez le prince de Condé] ; il y aura vingt-cinq s servies à cinq services, sans compter une infinité d'autres qui surviendront »
SÉV.: « Le rôti, qui avait manqué non pas à la du roi, mais aux vingt-cinquièmes, lui [à Vatel] revenait toujours à la tête »
    C'est lui qui tient la , se dit de celui qui fait les honneurs de la chez les princes et les grands seigneurs, qui ordonne à ceux qui la servent.
SÉV.: « On mange à deux s dans le même lieu ; il y a quatorze couverts à chaque ; Monsieur en tient une, et Madame l'autre »
    Tenir la première, tenir la seconde , faire les honneurs de la première, de la seconde .
    Dans les communautés, la première , la principale , celle qui se sert à une heure réglée ; la seconde , celle qui sert de supplément à la première.

 9   Table d'hôte, voy. HÔTE, n° 5.

 10   Table ronde, imaginée pour éviter les disputes de préséance entre chevaliers, et dont les anciens poëmes ont attribué l'invention à Artus, roi fabuleux de l'Angleterre (on met une majuscule à Table).
    Chevaliers de la Table ronde, les douze chevaliers que les vieux romans en langue d'oïl font compagnons d'Artus, roi des Bretons.
    Fig. et par plaisanterie, chevaliers de la Table ronde, ceux qui aiment à être longtemps à .
    Table ronde, nom donné, dans le moyen âge, à des divertissements chevaleresques.

 11   Fig. Nourriture qu'on prend à , considérée par rapport à la quantité, à la délicatesse des mets. Avoir une frugale.
SACI: « Malheur à vous, qui vous levez dès le matin pour vous plonger dans les excès de la »
FÉN.: « Idoménée régla sa , où il n'admit que du pain excellent, du vin du pays qui est fort agréable, mais en fort petite quantité, avec des viandes simples »
FÉN.: « Tous les plaisirs en foule venaient s'offrir à moi : ma musique était admirable ; j'avais une exquise »
MASS.: « La vie inutile, la licence des discours, la sensualité des s, les soins de l'ambition »
BUFF.: « L'homme riche met toute sa gloire à consommer, toute sa grandeur à perdre en un jour à sa plus de bien qu'il n'en faudrait pour faire subsister plusieurs familles »
PASTORET: « Lui [Apicius] qui, après avoir consumé un milliard à sa , s'empoisonna pour n'être pas réduit à vivre avec dix millions de sesterces »
    Aimer la , aimer la bonne chère.

 12   Sainte , l'autel même sur lequel le prêtre prend les hosties avec lesquelles il va donner la communion.
BOSSUET: « Cette action par laquelle le Fils de Dieu est posé sur la sainte sous les signes représentatifs de sa mort »
BOSSUET: « Tous ceux qui portent la marque d'enfant de Dieu ont droit d'être admis partout où ils voient la de leur commun père »
    Fig. La sainte , la communion.
BOSSUET: « Qui pourrait dire par quelles terreurs elle arrivait aux délices de la sainte ? »
MASS.: « Chrétiens, mes frères, qui dans cette solennité viendrez vous purifier dans les tribunaux de la pénitence, pour donner à Jésus-Christ dans vos coeurs une nouvelle naissance, en le recevant à la sacrée »
    Table d'autel, dans laquelle on encastre la pierre bénite sur laquelle le prêtre pose le calice.
    Table sainte, balustrade ou grille qui sépare le choeur du sanctuaire et devant laquelle viennent s'agenouiller les communiants.

 13   Dans certaines provinces (Languedoc, Provence), poids de , poids à l'usage du pays qui différait du poids de marc.

 14   Table à roue, large jante circulaire, liée au moyeu par des rais en bois léger et servant à doucir les grandes glaces.

 15   Portion de roche à surface plane.
SAUSSURE: « En descendant, on passe sur le penchant de plusieurs grandes s ou couches d'une roche feuilletée »
    Tables de glaciers, blocs de pierre placés sur les glaciers, et qui, protégeant contre la fusion la glace au-dessous d'eux, se présentent comme perchés, le reste ayant fondu davantage autour d'eux.
    Terme de géographie. Sommet d'une montagne, quand elle forme une espèce de plateau.
    Montagne de la Table, constellation méridionale.

 16   Lame ou plaque de métal, morceau de pierre, de marbre, sur lequel on peut graver, écrire, peindre, etc. Graver sur une d'airain.
    Les s de la loi, les s de l'alliance, les lois données par Dieu et portées par Moïse aux Hébreux.
SACI: « Ce fut quand je montai sur la montagne pour y recevoir les s de pierre, les s de l'alliance que le Seigneur fit avec vous »
BOSSUET: « Il [Dieu] écrit de sa propre main, sur deux s qu'il donne à Moïse au haut du mont Sinaï, le fondement de cette loi »
    Table isiaque, voy. ISIAQUE.
    Table alimentaire, inscription romaine du temps de Trajan, découverte en 1747.

 17   À Rome, loi des Douze Tables, recueil de lois publiées par les décemvirs, 450 avant Jésus-Christ (avec un D et un T majuscules).
ROLLIN: « Dix magistrats qu'on créa sous le nom de décemvirs avec une autorité absolue, rédigèrent les lois des Douze Tables, qui sont le fondement et la source du droit romain »
MONTESQ.: « Ce n'est pas le seul endroit de la loi des Douze Tables où l'on voit le dessein des décemvirs de choquer l'esprit de la démocratie »
    Tables nouvelles, édit qui abolissait toutes les dettes et obligations.
    Tables de proscription, liste où étaient portés les noms de ceux que Sylla et après lui les triumvirs proscrivirent.
VOLT.: « La foudre a dévoré ce détes airain, Ces s de vengeance, où le fatal burin Épouvantait nos yeux d'une liste de crimes »

 18   Table de marbre, une des anciennes juridictions du royaume, partagée en trois tribunaux : celui du connétable, plus tard des maréchaux de France ; celui de l'amiral et celui du grand forestier, représenté plus tard par le grand maître des eaux et forêts ; juridiction ainsi nommée d'une longue de marbre sur laquelle les vassaux étaient tenus d'apporter leurs redevances. P. Corneille était avocat du roi aux siéges généraux de l'amirauté, et des eaux et forêts de la Normandie en la de marbre du Palais de Rouen. Terme féodal. Mettre en sa , unir ou réincorporer à sa , user de retrait, par puissance de fief, sur l'acheteur ou l'héritier d'un fief.
    Table de mer, ancien droit seigneurial établi par les comtes de Provence sur les marchandises et denrées que les étrangers faisaient entrer dans le port de Marseille, ou en faisaient sortir.
     Délib. du 20 janv. 1654, dans JAL.: Le sieur de Libertat, propriétaire du droit qui se lève sur les marchandises appartenant aux étrangers, appelé la de mer

 19   Plaques ou pièces de plomb dont on forme le revêtement d'une terrasse ou d'un réservoir. Plomb en . Table de plomb.
    Établi sur lequel on coule le plomb.
    Table à couler, masse de fonte sur laquelle on coule les glaces. Établi sur lequel on les étame.

 20   Table de verre, le verre plat qui n'a point été soufflé, qui n'est point encore employé.
    Verre en , verre de Bohême, le verre le plus blanc et le plus épais de tous.

 21   Table d'une enclume, lame d'acier qui recouvre la partie de l'enclume sur laquelle on frappe.

 22   Nom donné aux claies étagées sur lesquelles on dispose les vers à soie dans les magnaneries.
    Table volante, toile tendue sur un cadre de bois pour transporter les vers à soie ou déliter.

 23   Terme d'anatomie. Les s du crâne, les deux lames osseuses de tissu compacte qui revêtent les surfaces interne et externe des os du crâne.
    La interne est aussi appelée vitrée à cause de sa fragilité.
    Chez le cheval, la , la surface de frottement de l'incisive, lorsque l'usure a détruit les deux bords tranchants qui circonscrivent, dans la dent intacte, le cul-de-sac extérieur.

 24   Diamant en , rubis balais en , diamant, rubis taillés sur deux faces bien dressées avec un biseau et des pans en facette sur la tranche.
DESC.: « Figure semblable à celle d'un diamant taillé en »
    On dit de même de rubis, d'émeraude.
    Défaut à la surface d'un diamant, venant soit de matières étrangères qui y sont incorporées, soit de coups qui le fêlent.

 25   Terme de métallurgie. Table tournante, anneau de fonte d'une seule pièce, présentant une surface conique inclinée vers l'axe pour les sables et pour les plus gros schlamms, inclinée au contraire à l'extérieur pour les schlamms fins, et qui procure le lavage du dépôt reçu en chaque point de la .

 26   Tables ou rouelles d'essai, se disait de deux plaques d'étain, dont l'une était dans la chambre du procureur du roi du Châtelet, et l'autre dans celle de la communauté des potiers d'étain, sur laquelle les maîtres potiers étaient obligés d'empreindre les marques des poinçons dont ils devaient se servir pour marquer leurs ouvrages.

 27   Chez les cartiers, mener la , assortir les cartes et les diviser par jeux.

 28   Sorte de ballots usités dans le Levant, qui sont plats et carrés.
PEYSSONNEL: « Toutes les fourrures dont je viens de parler viennent en peaux et en s ; les peaux se vendent en proportion du prix des s que j'ai indiqué, suivant le nombre de peaux qu'il faut pour former la »

 29   Terme d'architecture. Plan vertical de forme carrée ou oblongue qui se détache du nu du mur.
    Table d'attente, bossage pour recevoir une inscription.
    Terme de maçonnerie. Partie de maçonnerie ou seulement de plâtre sur le mur, unie, lisse, saillante ou renfoncée, ordinairement de forme carrée ou rectangle.
    On nomme aussi , dans les ravalements faits de crépi moucheté en plâtre ou en mortier, les panneaux qui sont encadrés de bandes d'enduit.
    Terme de menuiserie. Table saillante, panneaux en saillie sur leur bâti.
    Terme de peinture et dorure en bâtiment. Table saillante, filet portant des ombres et des clairs représentant le contour et la saillie d'un panneau de menuiserie.
    Terme de blason. Table d'attente, écu qui n'est chargé d'aucune pièce ni meuble.

 30   Nom que les ouvriers, dans le Midi, donnent au bassin où se fait le sel par évaporation de l'eau de mer.

 31   Index, ordinairement sous forme alphabétique, servant à faire trouver facilement les matières ou les mots qui sont dans un livre. Table des matières. Table alphabétique. Table méthodique.
Mlle DE SCUDÉRY: « Un habile médecin italien, qui, ayant travaillé sur les Aphorismes d'Hippocrate, dédia chaque livre de ses commentaires à un de ses amis et la à un autre »
VOLT.: « J'ai préparé des expériences et j'en donnerai la »
    Fig.
FÉN.: « On a des espèces de s dans la mémoire »
    Table des chapitres, la où l'on indique la matière traitée dans chaque chapitre.
    Fig.
SÉV.: « Autre sujet de conversation ; mais il ne faut faire à présent que la des chapitres pour quand nous nous verrons »

 32   Feuille, planche sur laquelle certaines matières sont présentées méthodiquement et en raccourci, afin qu'on puisse les voir d'un coup d'oeil. Table généalogique, chronologique.
    Tables météorologiques, s où l'on inscrit jour par jour les changements qui ont lieu dans l'atmosphère.
    Tables des modales, qui contenait les propositions modales.
     Dial. d'Or. Tubero, t. II, p. 54: La des modales, appelée le pont aux ânes
    Terme de marine. Se dit quelquefois pour livre des signaux.

 33   En mathématiques, série de nombres dont la grandeur et la variation sont déterminées par leurs rapports avec une ou plusieurs variables, auxquelles on donne successivement toutes les valeurs particulières convenables au sujet qu'on se propose. Une d'intérêts.
    Tables de survie, voy. SURVIE.
    Table de multiplication ou de Pythagore, ou pythagorique, qui contient tous les produits de la multiplication des nombres simples, les uns par les autres, depuis un jusqu'à neuf.
    Tables de logarithmes, voy. LOGARITHME.
    Tables des sinus, voy. SINUS.
    Table de réduction, indiquant le rapport que différents poids, différentes mesures, différentes monnaies, etc. ont les uns avec les autres.
    Tables astronomiques, s calculées d'après les lois de la gravitation, et au moyen desquelles on peut, à l'aide de simples opérations numériques, assigner d'avance la position des planètes et des satellites pour un temps quelconque.
DELAMBRE: « Une grande pour trouver l'heure en mer par la hauteur des astres, qui est en entier l'ouvrage de Mme de Lalande sa nièce [de Lalande] »
LA PLACE: « La théorie des inégalités séculaires et périodiques du mouvement des planètes, fondée sur la loi de la pesanteur universelle, a donné aux s astronomiques une précision qui prouve la justesse et l'utilité de cette théorie »
    Tables alphonsines, s astronomiques rédigées par l'ordre du roi Alphonse de Castille.
BAILLY: « Les s appelées, de son nom, s alphonsines, parurent le jour même qu'il monta sur le trône.... »
CONDORCET: « La gloire et les malheurs du règne d'Alphonse sont dans l'oubli, mais on conserve la mémoire des s alphonsines »
    Tables rodolphines, s dédiées à l'empereur Rodolphe.
BAILLY: « Les s rodolphines, qui furent pour Kepler l'objet de tant de travaux et l'occasion de tant de découvertes, parurent en 1627 »

REMARQUE
    Scarron a dit : Ils se mirent à qui fut couverte peu de temps après, Rom. com. III, 2. Cette manière de parler est fautive, vu que se mettre à fait une locution qui ne permet pas de séparer et d'y rapporter le qui conjonctif.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. VIII: As s juent, pur els esbaneier [divertir]
    XIIème siècle
     Liber psalm. p. 106: Ne porra Deus aprester el desert ?
     Sax. XXIII: Quatorze rois i ot ains que fust mise
    XIIIème siècle
     Berte, II: Au jardin le [du] roi [il y] ot mainte dressée
     Liv. des mét. 181: Quiconcques veut estre deycier à Paris, ce est à savoir feseeur de dez à s et à eschiés, d'os et d'yvoire, de cor et de toute autre maniere d'estoffe....
     la Rose, 1354: Et mainte espice delitable, Que bon mengier fait après
     ib. 7530: Et s'à eus ne poés aler, Faites i par aucun parler Qui soit messagiers convenables, Par vois, par letres ou par s [tablettes] ; Mès jà n'i metés propre non
JOINV.: « Maistre Robert de Cerbone, pour la grant renommée que il avoit d'estre preudomme, il [Louis IX] le faisoit manger à sa »
DU CANGE: « Devant leur portes sont les eglises, là où on sonne les cloches selonc les Latins, et s [sorte de crécelle] selonc la maniere des Grieus »
    XIVème siècle
H. DE MONDEVILLE: « L'utilité pour quoi il [le cerveau] fu blanc, c'est qu'il fust aussi comme une rase qui puet comprendre pluseurs figures et toutes couleurs »
     Guesclin. 15173: Estre humbles et doux, et les gens saluer, Bonne tenir....
LANFRANC: « Le test [crâne] est compost de deux s plaines et legeres »
J. DE CONDÉ: « Chiaus [ceux] qui nous soloient servir Pour joie d'amours desservir [mériter], S'en faisoient grans esbanois [divertissements], Tables reondes et tournois »
     Ordonn. des rois de Fr. t. II, p. 298: Les changeurs commis et deputez à ce faire et en lieux publics et accoustumez en nostre royaume et tenans s [changes] ez villes où ils changeront
     ib. t. II, p. 466: En la noble maison au roi une appellée la d'oneur, en laquelle seront assiz la veille et le jour de la premiere feste les trois plus souffisans princes, trois plus souffisans bannerez, et trois plus souffisans bachelers....
DE LABORDE: « Unes s d'argent à escripre, en cire, esmailliées par dehors »
DE LABORDE: « Les s où on escript, qui sont de fust, couvertes de cire verte ou de cire rouge ou noire »
LE CHEV.: « Je vous diray un exemple d'une bonne dame qui acquist un grant blasme sans cause à une grande feste d'une ronde de joustes [espèce de combat de chevalerie] »
    XVème siècle
FROISS.: « Messire Hue et les autres qui se sauverent, se prirent aux s [planches] et aux masts, et le vent, qui estoit fort, les bouta sur le sablon »
     Bouciq. I, p. 62, dans LACURNE: Table ronde à tous venants [façon de donner à manger à tous ceux qui se présentaient]
     Perceforest, t. II, f° 129: Tables basses [les s qui étaient autour de la principale , laquelle était de deux pieds plus haute que les autres]
BASSEL.: « Ayant le doz au feu et le ventre à la , Estant parmi les pots pleins de vin delec »
    XVIème siècle
MARG.: « La de diamant grande et belle, dont l'anneau estoit esmaillé de noir »
     Les triomphes de la noble dame, f° 115, dans LACURNE: La tierce [le troisième service] qui est à la fin du repas
MONT.: « Un propos de .... »
LANOUE: « Encores qu'ils soyent payez, si est-ce que quasi tous ne payent rien, et si faut encores les traiter à vingt sols pour (comme on dit) et au partir du logis que l'hoste fasse la courtoisie »
LANOUE: « Le soldat françois a ceste persuasion, que son capitaine ne lui doit denier ni les caresses ni la »
LOYSEL: « Le seigneur qui a reuni à sa [à son fief] le fief de son vassal, n'est tenu en faire hommage à son seigneur »
PARÉ: « Il n'y a quelquefois que la premiere de l'os rompue »
     Nouv. Coust. gén. t. I, p. 306: Les freres et soeurs de la entiere [de père et de mère]
COTGRAVE: « Table sans sel, bouche sans salive »
COTGRAVE: « Table vault escole notable »
COTGRAVE: « Il est à et n'ose manger »
COTGRAVE: « De grosse à l'estable »
COTGRAVE: « Ronde oste le debat »
LEROUX DE LINCY: « Qui à la dort doit payer l'escot »
GÉNIN: « On n'envieillist point à »
DE LABORDE: « Une fort grant de diamant, à plain fons, un peu longuet et escorné de deux coings, accompaigné d'une grosse perle en oeuf, qui est celluy que achepta le roy François premier et lui cousta soixante cinq mil escuz »
D'AUB.: « Le roy avoit juré en pleine qu'il le feroit mourir »
D'AUB.: « Il leur mit sur les memoires de toutte la chrestienté »

ÉTYMOLOGIE
    Picard et bourguign. taule ; wallon, tâf ; provenç. taula ; espagn. tabla ; portug. taboa ; ital. tavola ; du lat. tabula, planche, dérivé d'un radical ta, étendre, et du suffixe bula, comme de fari fa-bula. M. Vincent, Correspond. litt. 25 déc. 1859, a trouvé dans un Comput cette phrase : Anima in principio suae creationis est tanquam tabula rasa, in qua nichil depictum est ; c'est la reproduction de ce que dit Aristote de l'intelligence (De l'âme, III, IV, 14).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE TABLE. Ajoutez :

 34   Nom, en Hongrie, des deux chambres de la diète.
     Almanach de Paris, 1867, p. 108: La des magnats, évêques, barons du royaume, princes, comtes ; la des représentants, députés des comitats, villes et districts libres


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

< width=100%>Subst. féminin 

Meuble ordinairement de bois, fait d'un ou de plusieurs ais, et posé sur un ou plusieurs pieds, qui sert à divers usages. "Table de chêne, de noyer, d'acajou, etc. Table de marqueterie. Table à un pied, à deux, à trois, à quatre pieds. Table ronde. Table carrée. Table ovale. Table brisée. Table qui se plie, qui se tire. Table qui se tire par les deux bouts. Table à tiroirs. Tréteaux de . Table de marbre. Table de pierre. Table de cuisine. Table à manger. Table de buffet. Table à écrire. Table à ouvrage. Table de jeu. Table à jouer."
"Table de piquet, de bouillotte, de brelan, etc.," Table où l'on joue au piquet, à la bouillotte, au brelan, etc.
"Table de nuit," Petite d'une forme particulière, qui se place à côté du lit, et sur laquelle on met les choses dont on peut avoir besoin durant la nuit.
Fig., "Table de marbre." Nom qu'on donnait autrefois à Certaines juridictions de première instance, qui connaissaient des affaires de la connétablie, de l'amirauté, et des eaux et forêts. "Le grand Corneille était, dans sa jeunesse, avocat du roi à la de marbre de Rouen."
Dans les anciens Romans, "Les chevaliers de la Table ronde," se dit de Certains chevaliers qui s'asseyaient autour d'une ronde pour éviter toute préséance.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit particulièrement et absolument d'Une à manger, et surtout d'Une servie, couverte de mets. "Table de douze couverts. Dresser des s. Servir sur une grande . Mettre sur . Servir à . Faire les honneurs d'une . Il reste, il est trois heures à . Il va du lit à la , et de la au lit. Le dos au feu et le ventre à . Être à ."
"Propos de ," Propos variés et enjoués que l'on tient ordinairement en mangeant. On dit dans un sens analogue, "Chanson de , ronde de ."
"Se mettre à ," S'asseoir auprès de la pour manger; et, "Sortir de , quitter la , se lever de ," Interrompre ou finir le repas. On dit, dans un sens analogue, "Être hors de ."
Fig. et fam., "Mettre quelqu'un sous la ," L'enivrer.
"Il y a tant de s chez le roi, la du chambellan, la du maître d'hôtel, etc.," se dit en parlant Des s servies réglément, où certains officiers ont droit de manger.
Dans les grandes Maisons, "La première ," La des maîtres; "La seconde ," La des principaux domestiques; et, "La du commun," La des valets.
Dans les Communautés, "La première ," La principale , qui se sert à une heure réglée; et, "La seconde ," Celle qui est le supplément de la première.
"Tenir la première, tenir la seconde ," Faire les honneurs de la première, de la seconde .
"La grande ," La des grandes personnes; par opposition à "Petite ," La des enfants. "N'oubliez pas la petite , envoyez-y du dessert."
"Tenir ," Donner ordinairement à manger. "Il tenait autrefois. Il ne tient plus ." On dit aussi, "Tenir ouverte," Tenir une où l'on reçoit beaucoup de personnes, même celles qui n'ont pas été priées.
"Tenir ," signifie aussi, Demeurer longtemps à . "C'est un homme qui aime à tenir , à tenir longtemps."
"Donner la à quelqu'un," Le nourrir en le faisant manger à sa . "Il s'est retiré chez un de ses amis qui lui donne la ."
"Admettre quelqu'un à sa ," Inviter à dîner quelqu'un d'inférieur à soi par la naissance ou par le rang. "Le roi l'a admis à sa ."
"Avoir la et le logement chez quelqu'un," Y être nourri et logé. "On lui donne tant d'appointements, la et le logement."
"Courir les s, piquer les s," Aller manger chez ceux qui tiennent . Il est familier, et ne se dit que Des parasites.
"Vivre à la même ," Manger habituellement ensemble.
"Table d'hôte," Table servie à heure fixe, dans une hôtellerie ou ailleurs, et où l'on peut aller manger, moyennant un certain prix réglé. "Il y a dans cet hôtel garni une d'hôte. Manger à d'hôte."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit, par extension, Des repas qu'on prend à , relativement à la dépense qu'ils occasionnent, ou au nombre et à la délicatesse des mets. "Il a tant, il dépense tant pour sa . Sa lui coûte beaucoup. Il a retranché, réformé, diminué sa . Il a augmenté sa . Il a une bonne . Cela se sert aux meilleures s, sur les meilleures s. Table délicate, frugale."
"Aimer la ," Aimer la bonne chère. On dit dans le même sens, "Les plaisirs de la ."
"La sainte ," L'autel où l'on communie; et figurément, La communion. "S'approcher de la sainte . Se présenter à la sainte ."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi d'Une lame ou plaque de cuivre, d'airain, d'argent ou d'autre métal, d'un morceau de pierre ou de marbre plat et uni sur lequel on peut écrire, graver, peindre, etc. "Les s de la loi," ou "Les s de Moïse. Les lois, la loi des Douze Tables. Graver sur une d'airain, sur une de plomb. Ces s de marbre sont destinées à recevoir des inscriptions."
Il se dit également Des plaques ou pièces de plomb dont on forme le revêtement d'une terrasse ou d'un réservoir. "Plomb en . Table de plomb."
"Table rase," ou "Table d'attente," Lame, pierre, planche sur laquelle il n'y a encore rien de gravé.
Fig., "Table rase," se dit en parlant D'un enfant, d'une personne qui, n'ayant pas encore de notions sur les matières dont il s'agit de l'instruire, peut aisément recevoir les impressions, les idées qu'on voudra lui donner.
Fig., "Faire rase," se dit D'un homme qui, regardant les opinions ou notions qu'il a comme douteuses et incertaines, les rejette pour les adopter de nouveau, les modifier, ou les proscrire définitivement, après un sérieux et mûr examen.
En termes d'Anat., "Les s du crâne," Les deux lames osseuses qui revêtent à l'extérieur les os du crâne.



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Index fait ordinairement par ordre alphabétique, pour donner les moyens de trouver facilement les matières ou les mots qui sont dans un livre. "Il n'y a point de à ce livre. Cette est bien faite. Cette est fautive. Table alphabétique. Table des matières."
"Table des chapitres," La où l'on indique la matière qui est traitée dans chaque chapitre d'un livre.



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore, Une feuille, une planche sur laquelle des matières didactiques, historiques, etc., sont offertes méthodiquement et en raccourci, afin qu'on les puisse voir facilement et d'un même coup d'oeil. "Table généalogique. Table chronologique. Il enseigne la grammaire, la philosophie par s. Il met toutes les sciences et tous les arts en s."
"Tables météorologiques," Tables où l'on inscrit, jour par jour, les changements qui ont lieu dans l'atmosphère.
"Table isiaque." Voyez ISIAQUE.
"Tables astronomiques," Tables calculées d'après les lois physiques du mouvement des astres, et au moyen desquelles on peut, à l'aide de simples opérations numériques, assigner d'avance la position de ces corps pour un temps quelconque. -- Il y a de même, dans les autres parties des mathématiques, différentes espèces de "Tables" destinées à abréger les calculs difficiles et d'un usage fréquent.
"Table pythagorique" ou "de Pythagore," Table qui contient tous les produits de la multiplication des nombres simples, les uns par les autres, depuis un jusqu'à neuf.
"Tables de logarithmes," Tables de nombres en progression arithmétique, correspondant à des nombres d'une progression géométrique, dont l'emploi, universel dans les calculs mathématiques, ramène les multiplications et les divisions numériques à de simples additions et soustractions.
"Tables des sinus," Tables qui contiennent par ordre les longueurs des sinus, tangentes et sécantes de tous les degrés et minutes d'un quart de cercle, exprimées numériquement en parties du rayon qu'on prend pour le sinus total. "Il y a des s des sinus où l'on a poussé l'exactitude jusques à calculer ces lignes de dix secondes en dix secondes: presque toutes, outre la valeur numérique de ces lignes, contiennent encore leurs logarithmes, dont l'emploi est beaucoup plus fréquent."
"Table de réduction," Table indiquant le rapport que différents poids, différentes mesures, différentes monnaies, etc., ont les unes avec les autres. "Table de réduction des poids étrangers en poids de France."
Dans certaines provinces, "Poids de ," Poids à l'usage du pays, qui différait du poids de marc.



7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



au Jeu de trictrac, Chacune des quatre divisions du tablier, appelées aussi "Jans. Chaque contient six cases indiquées par autant de flèches."
Il se disait autrefois de Ce qu'on nomme plus ordinairement aujourd'hui "Dames;" de là les expressions de "Jan de deux s, jan de six s."



8ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en parlant De certains instruments de musique, se dit de La partie supérieure de ces instruments, sur laquelle les cordes sont tendues. "Table de guitare. Table de piano. Table de basse. Etc." On dit aussi, "Table d'harmonie."



9ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



est aussi un terme dont on se sert en parlant De pierreries. "Diamant en ," Diamant taillé de manière que la surface en est plate. On dit de même, "Table de rubis, d'émeraudes."
"Toute-table," ou "Toutes-tables," Sorte de jeu qui se joue dans un trictrac.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

< width=100%>Subst. féminin 
[2e "e" muet.] 1°. En général, meuble ordinairement de bois fait d'un ou plusieurs ais, et posé sur un ou plusieurs pieds, qui sert à divers usages. 'Table ronde, carrée, ovale, "etc." '"Table à" tiroirs";" "à" manger; "à" jouer, "etc." '"Table de" pierre, "de" marbre, "etc."
- 2°. En particulier et absolument, " à manger". 'Il est trois heures ": il va de "la " au lit, et du lit à "la ". Aimer "la ", les plaisirs de "la ". 'Se mettre "; sortir, se lever "de ".
- "Tenir ", doner à manger. "Tenir ouverte", recevoir à sa ceux qui se présentent.
- "Retrancher", "réformer sa ", faire moins de dépense pour sa qu'on n'avait coutume de faire.
- "Doner la " ou "sa " à quelqu' un, le faire manger habituellement à sa .
- "Mettre" quelqu' un "sous la ", l'ennivrer.
- Manger d'Hôte", dans une hotellerie, à un certain prix réglé.
- Il "a bone "; on fait bone chère chez lui.
- "Courir", "piquer les s", faire le métier de parasite; aler manger chez ceux, qui tiènent .
- 2°. Lame ou plaque d'argent, de cuivre ou d'autre métal; ou morceau de pierre ou de marbre plat et uni, sur quoi on peut écrire, graver ou peindre. C'est en ce sens qu' on dit, "les s de" la Loi, ou "de" Moïse; les lois "des douze s" chez les Romains.
- "Table râse", ou "d' atente", qu'on destine pour graver quelque chôse, mais où il n'y a encôre rien de gravé. On dit "figurément" de quelqu'un, qui n'a encore reçu aucune instruction; que c'est "une râse", où l'on gravera tout ce qu'on voudra. = 3°. Index fait ordinairement par ordre alphabétique, pour trouver les matières ou les mots qui sont dans un livre, et qui indique le tome et la page où ils se trouvent. '"Une " bien faite est d'un grand secours, mais il en est peu de cette sorte. La plupart des "tables" sont fautives. = Mde "de Sévigné" apèle "faire la des chapitres", dire les chôses en grôs. 'Il ne faut "faire" à présent que "la des Chapitres", pour quand nous nous verrons.
- 4°. Feuille sur laquelle les matières d'une science sont réduites méthodiquement et en racourci, afin qu'on puisse les voir d'un coup d'oeuil: '"Table" généalogique: "table" chronologique: enseigner la Gramaire "par s", etc.
   "Rem." On dit, adverbialement " (n°. 2°.) et non pas "à la ", comme dit "Voiture". 'Cela y fut particulièrement remarquable, que n'y ayant que des Déesses "à la " et deux demi-Dieux, Mr de Chaudebone et moi, tout le monde y mangea "ne plus ne moins" que si c'eussent été véritablement des persones mortelles.




Emplacement dans le dictionnaire :

tabatière
tabellion
tabellionage
tabernacle
tabes
tabis
tabiser
tablature
tablatûre

table de marbre
table isiaque
tableau
tableautin
tablée
tabler
tabletier
tablette
tabletterie
tablettes
tableur




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...et quelquefois à moi-même... ... dans les jardins et dans le palais, tout le monde était endormi quand j'entrai dans la salle de refuge. Je n'y trouvai qu'un seul personnage assis, accoudé sur une table où brûlait une lampe d'huile de cocotier... c'était un inconnu, d'une taille et d'une envergure plus qu'humaine ; une seule de ses mains eût broyé un homme comme du verre. -il avait d'épaisses...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...les cheffesses venaient à tour de rôle haranguer la reine à tue-tête, avec des voix si retentissantes et une telle volubilité qu'on les eût crus possédés. Ceux qui n'avaient point trouvé de place à table mangeaient debout, sur l'épaule de ceux qui avaient pu s'asseoir ; c'était un vacarme et une confusion indescriptibles... assis à la table des princesses, j'avais affecté de ne point prendre garde...


Citation n°3 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...que tout serait inutile, et puis une dignité, là, devant leur fils endormi... et elle restait contre ce mur, sans un mouvement. Il avait posé deux cents francs en grosses pièces d'argent sur leur table, près de lui. C'étaient ses avances, tout ce qui lui restait, ses pauvres effets payés. Il la regardait maintenant d'un regard profond, très doux, et il secouait avec sa manche de laine des larmes...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...du baptême, les belles coiffes et les collerettes blanches ! Déjà passé, tout cela ; à présent, elle est vide et silencieuse. Nous nous asseyons sur les vieux bancs de chêne, nous accoudant sur la table où nous avions fait le grand repas joyeux. La grand'mère est sur un escabeau, filant à sa quenouille, la tête basse ; son air déjà devenu caduc et égaré. Bien que le soleil ne soit pas encore très...


Citation n°5 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...oppression des crépuscules, que les animaux, ou les êtres compliqués comme je suis, éprouvent à un degré presque égal.) mes rideaux ouverts laissaient voir, au premier plan, toujours la même petite table attristante, avec des tasses de tisane, des fioles de remèdes. Et tandis que je regardais cet attirail de malade, -qui s'assombrissait, devenait plus vague, se déformait sur le fond obscurci de la...


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